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Index des articles > Bibliothèque et Histoires > Pen ar bed storiou : les ptites anglaises

 
 
Pen ar bed storiou : les ptites anglaises
 
 

Article posté par +dvb.
Paru le vendredi 20 mars 2009 à 12:20
Vu 1865 fois.
Note : etoiles5 (1 vote)

Pen ar bed storiou : les ptites anglaises



Les ptites anglaises



" Du fric !
- Du flouze...
- Ouai ! Un paquet !! Un sacré paquet de dollars même !
- De l'oseille...
- Un max de pognon !!
- C'est beau de rêver ...
-Non ! Je déconne pas ! Avec tout ce qu'il y a dans cette baraque on pourrait se payer l'Amérique !!
- Ouai ben en attendant d'aller en Amérique, moi j'ai absolument besoin de fric pour la rentrée. Si je peux pas me payer mon année de faculté je suis bon pour l'armée.
- Ouai ! Et moi avec le fric je partirai d'ici... A Chicago !
- Mais arrête de déconner ! Je te parle sérieusement ! Il me faut vraiment ce fric ! L'armée ! Tu te rends compte !! J'ai reçu une lettre, j'ai jusqu'au mois de septembre pour trouver une solution !
- Ou bien San Francisco ...
- Tu m'écoute même pas !! Tu m'énerves !
- Mais si je t'écoute ! Tu dis que tu vas partir faire ton service ... Et alors ?!
- Mais merde quoi ! Je veux pas y aller moi ! Avec tout ce qui se passe en Afrique ces temps-ci ! Je suis bon pour la coopération ! Ma mère supporterai pas !
- Elle a bien supporté la guerre et les bombardements ... comme tous nos parents !
- Mais tu comprends rien ou quoi ? T'es vraiment un débile !
- Et comment tu comptes t'y prendre pour avoir tout ce fric dis moi ?
- Ben ... il est peut être pas trop tard pour qu'on aille aux échalotes !
- Trimer pour les Johnnies !! Jamais !!
- Mais écoute moi un peu. Si on arrive à deux, si on dit qu'on habite au bourg et qu'on n'a pas besoin d'être nourri et logé ...
- Non ! Toi écoute moi ! Putain Goulven ! IL ... N'Y... A PAS ... D'AUTRES MOYENS !!!
- Mais tu déconnes à plein tube ! Jamais j'irai aux échalotes !
- Mais merde quoi ! Pourquoi tu fais toujours ta tête de cochon ...
- Gast !! Je te parle d'une fontaine de fric !! T'imagine je te parle pas de Delacroix... même pas... Des Pascal ... une tripotée de Pascale !! T'en as déjà vu de près ? Des gros biftons comme t'imagines même pas !
- Et bien sûr il n'y a qu'à se pencher pour les ramasser. Ils nous attendent bien sagement dans l'oreiller du lit-clos !! T'es vraiment qu'un pokès !
- C'est toi le pokès de pas vouloir marcher dans la combine !! Imagine : on entre, on se sert, on ressort et on est rentré à temps pour le kig ha farz de la mère Joncour !! Et après ...
- Et après ?
- Vamos a la playa !!! Les ptites italiennes de l'année dernière son arrivées hier soir. Tu voudrais pas les accueillir comme un bigouden non ? Depuis l'année dernière elles ont du pousser un peu... Mmmmmhhh... Oh oui Francesca !! Que j'aime le charme de tes pastèques méditerranéennes !!
- T'es con Loïk!!!
- Alors ?
- Alors quoi ?
- Tu marches ? Tu viens avec moi chez Kerhervé ?
- Et pourquoi tu veux absolument aller chez Kerhervé ?
- Mais parce qu'il est plein aux as ! Il a toujours bouffé à tous les râteliers ! Depuis des années il trafic ! Il trafiquait même avec Seznec et Quéméneur !! Il avait prêté sa baraque aux Chleuhs pendant la Guerre ! Pour qu'ils mettent la Kommandantur chez lui ! Juste pour avoir sa part de pognon ! Et quand il a reçu une bombe de 250 sur son toit il a trouvé le moyen de demander à ce qu'on lui refasse toute sa maison ! C'est lui qui a le plus de pognon de toute la côte !! de Lilia à Plounéour.
- Ouai tout ça parce que ton grand-père est parti aux STO à cause de lui... On la connait tous l'histoire
- Ouai ben il en est jamais revenu des STO ! Ce vieux singe me doit bien ça ! Après tout ça serait assez juste ! Et puis tu vas pas aller te faire tuer en Afrique à cause de ce vieux salaud !! Il a fait déjà assez de morts comme ça tu crois pas ?
- Et comment tu sais qu'il a autant de fric chez lui ?
- Tu te souviens l'été dernier avec les petites italiennes justement ? Quand leur espèce de cabot s'était échappé et qu'il était parti chez Kerhervé. J'étais allé le chercher dans son jardin pour me faire bien voir. Tu te remets ?
- Ouai peut être ... je sais plus ...
- Ouai et ben à ce moment là, je l'avais vu par la fenêtre ouverte. Il était en train de compter son pognon. Et y en avait des caisses entières !! Je mens pas !! Après quand il s'est aperçu que je le regardait, il est sorti tout colère avec sa fourche à purain dans les mains.
- Et pourquoi tu as attendu tout ce temps pour essayer d'aller lui piquer ses bas de laine ?
- Ce vieux fumier dort jamais, il sort jamais de chez lui. C'ets un vrai blockhaus chez lui. Il fallait attendre l'occasion...
- Et c'est dimanche prochain l'occasion ?
- Ben forcément du gland !
- Et pourquoi ça ?"





Loïk poussa le menton de Goulven pour lui faire tourner la tête vers l'intérieur du café. Posé à côté de leurs Picon-bières, le Ouest France du jour, attendait patiemment que Goulven le déplie.

L'été commençait plus mal que prévu. Les deux jeunes hommes avaient quitté la ville pour revenir dans leurs familles, sur la côte. Et ils avaient à peine de quoi payer leurs consommations. Alors s'il fallait épater les filles du camping sur la plage la journée et sur le port le soir, il leur fallait une idée du tonnerre. Et Loïk, l'avait trouvé son idée. Ca avait fait boum dans sa tête dès qu'il avait vu le journal du matin en prenant son café avec sa mère au petit déjeuner.

Goulven regarda, intrigué le papier. Il fit mine de s'intéresser aux sports, puis son ami le lui arracha des mains pour l'ouvrir à la page locale.


"Dimanche à 11 heures, les services des démineurs de la Marine Nationale vont faire évacuer toute la commune afin de procéder au désamorçage d'une bombe britannique de 250 kilos. La bombe retrouvée intacte près du site de l'ancienne batterie de DCA allemande fait partie de celles tombées entre mars en juin 1943 et qui visaient les sites stratégiques de la région comme la Kommandantur de la circonscription et le réseau de blockhaus.

Comme lors de toutes les opérations de déminage, une première sirène retentira dimanche matin à 10 heure pour annoncer l'évacuation du périmètre de sécurité. Une seconde sirène annoncera, une heure plus tard, la fin de la période de préparation. Tous les habitants de la commune devront alors avoir quitté leurs domiciles. Une troisième et dernière sirène annoncera la mise à feu imminente (une minute environ) d'une charge explosive, dans le cas de figure où les démineurs ne pourraient neutraliser la bombe par d'autre moyen.

Monsieur le Maire invite à cette occasion tous les habitants et les vacanciers de la commune à le rejoindre près de l'étang de Kerbras, où un chapiteau les attendra et où des rafraîchissements leurs seront offerts."



Les yeux de Goulven s'illuminèrent. Oui bien sûr ! Le bourg évacué, il ne resterait personne pour les voir fouiner dans la bicoque du vieux Kerhervé. Et avec tout ce monde autour de l'étang, personne ne s'apercevrait de leur absence. C'était génial ! Mais si ...

«Et si la bombe elle pétait vraiment ? Si on était à côté quand ça pète ... Non ! On peut pas faire ça ! C'ets trop risqué !
- Risqué ?? Risqué !! Mais arrête de flipper mon pote ! Ca pète jamais ces trucs là. T'as déjà vu une bombe vieille de quarante ans péter à Télé-Bretagne toi ? Et ils en désamorcent combien par an ? Rien que cette année scolaire à Brest, on a du être évacué trois fois pendant la construction d'un parking à côté du foyer.
- Mmmm...
- Et même si ça pétait ! La batterie de DCA est au moins à un kilomètre du bourg, perdue dans les dunes. Ca serait amorti par le sable déjà, et on sera suffisamment loin pour être abrités. Les types de la Marine font toujours évacuer le plus de monde pour se faire mousser. Comme ça ils se donnent l'impression d'être importants et de faire un boulot dangereux.
- Mouai ...
- Je te l'assure : il n'y a vraiment aucun danger ! Je risquerais pas ma peau alors que ya les pastèques de Francesca qui m'attendent impatiemment depuis un an !!!
- T'es vraiment con Loïk !!»







Le dimanche suivant, tout se passa dans l'ordre des choses :


Le bourg fut évacué juste après la messe.

Les touristes migrèrent en troupeau des terrasses du port et du camping vers l'étang.

Les gendarmes fermèrent la marche en veillant ce que personne ne reste dans les rues.

Les démineurs de la Marine firent sonner la première sirène.

Les plus âgés échangèrent alors les anecdotes de l'époque où les obus pleuvaient et où ils devaient se terrer dans les abris pendant des nuits entières. Certains se rappelèrent d'amis morts dans Sadi Carnot.

Une famille de touristes allemands sympathisa avec une famille de finistériens. Leurs pères s'étaient bien connus à l'époque : Hans était fourrier au bureau de poste, et il trafiquait avec Yvon pour avoir des oeufs et des poules contre du tabac. L'un était mort l'année dernière à Cologne, et l'autre à Morlaix.

Une bombe attendait patiemment depuis quarante ans que son percuteur daigne enfin faire sauter sa charge. Elle avait manqué de peu sa cible à l'époque, tombant à quelques mètres seulement de son objectif. Ses soeurs avaient si bien labouré le terrain, qu'elle avait atterri sur une motte de terre meuble fraîchement remuée. Les gravas l'avait partiellement recouverte, et puis, au fil des mois, un petit tapis de mousse avait fini par la cacher. Son museau pourtant pointait à quelques millimètres seulement de la surface.

Goulven et Loïk s'étaient planqués dans la cour du café du port, au fond près des anciennes latrines. Ils étaient assis contre le vieux mur et fumaient des caporales en attendant qu'il soit l'heure.

A la deuxième sirène, ils jetèrent leurs mégots et se précipitèrent vers le magot qui leur tendait les bras. Ils rampèrent maladroitement jusqu'à la fenêtre de la vieille maison qui avait déjà souffert des bombardements bien des années auparavant. L'ambiance était un peu à la petite guerre, et les garçons se seraient presque cru à la place de commandos de para anglais venus dérober l'Or du Reich.

Ils se regardèrent et pouffèrent de rire, tant pour se donner du courage que devant la facilité de l'opération. Ils jetèrent un coup d'oeil par la fenêtre pour vérifier que le vieux Kerhervé avait bien vidé les lieux. Ils l'avaient pourtant vu se joindre au cortège quittant l'église un peu plus tôt, mais avec ce vieux zouave, il fallait toujours se montrer prudent.

Ils n'eurent aucun ma à pénétrer dans la maison, sans même avoir à briser un carreau : le père Kerhervé avait laissé sa fenêtre entrouverte pour aérer un peu l'intérieur.

Quand ils furent parvenus dans la grande pièce principale, ils ne s'attardèrent pas sur l'intérieur vieillissant et ses meubles en massif breton. Ils cherchaient le lit-clos.


La troisième sirène retentit.


Loïk en fut pétrifié. Goulven le regardait, guettant une réaction de la part de son ami. Ils ne s'étaient pas du tout entendu à cela. La peur se distillait déjà dans leurs veines. Le coeur battant la chamade Loïk hésitait désormais entre poursuivre son larcin et sauter vers le ciel bleu du salut.

Ce fut Goulven qui réagit enfin le premier : On fonce ! On bousille cette fichue antiquité, on déchire les draps s'il le faut et on ramasse le pognon. De toute façon il valait mieux qu'ils être à l'abri dans la maison plutôt que dehors si ça devait exploser.

Loïk acquiesça et ...

Goulven senti l'éclair plus qu'il ne le vit. L'air fut chassé immédiatement de toute la maison, ce qui lui donna l'impression d'étouffer et d'être devenu sourd. Puis le bruit revint, immense, grondant, terrifiant. Le sol vibra sous ses pieds, de la poussière lui tomba dans les yeux. C'était à proprement dit infernal, étourdissant ...

Il ne vit pas le second flash, puisque la nouvelle explosion se produisit juste derrière le mur de la maison. La dernière chose qu'il vit fut le corps de Loïk éclater comme ...


Elle avait attendu quarante ans. Et ce fut l'une de ses petites soeurs tombée un peu plus loin qui la ramena à la vie. Au bout de quarante ans d'attente elle avait enfin accompli sa destinée, et fait ce pourquoi elle avait été construite : La Kommandantur et ses occupants volaient finalement en éclat.
 
 
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Commentaire n°1/1
 
 
Remonter Posté le 06/04/2009 par ΨAnDroKtoNe

 
smiley sg3agsuperpoucehautg3ag.gif smiley sg3agsuperpoucehautg3ag.gif smiley sg3agsuperpoucehautg3ag.gif Trop bon smiley sg3agsuperpoucehautg3ag.gif smiley sg3agsuperpoucehautg3ag.gif smiley sg3agsuperpoucehautg3ag.gif

Y'a plus d'jeunesse mon brav'monsieur smiley sg3agpetederireg3ag.gif smiley sg3agpetederireg3ag.gif smiley sg3agpetederireg3ag.gif
 
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"Pour ces messieurs la moralité devient rigide quand le reste ne l'est plus" © Coluche

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