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Index des articles > Bibliothèque et Histoires > horreur de jeunesse

 
 
horreur de jeunesse
 
 

Article posté par +dvb.
Paru le dimanche 2 mai 2010 à 15:28
Vu 1476 fois.

horreur de jeunesse

extase de la médiocrité



Je m'appelle Erwan Corre et je déteste Emilie Le Saout. Aujourd'hui le thème de « ça se discute » était « pour ou contre les implants mammaires sur les adolescentes ». Je pensais voir des coquines en fleurs, mais l'essentiel de l'émission montrait de grosses mémères tordues et frustrées de ne pas être adolescentes. Nul. Mon téléphone a sonné trois fois pendant que je regardais Delarue. Ça doit être Yoann Abiven (je sais que c'est Yoann Abiven) qui m'appelle, on devait faire un « truc » cet après-midi. Juste pour l'emmerder, je ne réponds pas. Je le laisse tomber sur mon répondeur, juste pour qu'il entende encore et encore la voix d'Emilie Le Saout, qui parle sur mon annonce de messagerie. Je sais que ça le rend fou : ça l'oblige à repenser à cette soirée il y a quelques semaines, où elle avait pris l'initiative d'enregistrer elle-même le message. C'était au Kériel Bar, elle était complètement bourrée et elle se penchait à tout bout de champs au dessus de la table pour montrer à tout le monde qu'elle avait enfilée ses porte-jarretelles et tout l'attirail. Complètement chaudière, elle avait saisi mon portable et mimé une fellation goulue juste devant Yoann Abiven avant de modifier l'annonce en un ramassis de hululements aussi vulgaires qu'explicites. J'avais fait semblant de ne pas m'en apercevoir, mais depuis je m'appelle régulièrement juste pour entendre « ça ».

Au quatrième appel, je décide enfin de décrocher sans prendre la peine de vérifier qui m'appelle (je sais que c'est Yoann Abiven). Il commence par m'engueuler, me dit qu'il essaie de m'appeler depuis deux heures, que j'ai un répondeur de merde qu'il faut ABSOLUMENT que je change et que je ne suis qu'un sale branleur.

Quand c'est à mon tour de parler, je commence par me confondre en excuses, je lui dis que j'étais resté scotché sur un documentaire d'une qualité incroyable sur les camps de prisonniers japonais pendant les guerres du siècle dernier. Je lui annonce très solennellement que c'est fou qu'on n'ait pas encore eu l'idée d'appliquer les mêmes méthodes d'internement en Europe, comme quoi les Japonais sont un peuple en avance sur leur temps.

Il ne m'écoute même pas quand je tente de lui expliquer comment les bridés procédaient à la torture du casque (en faisant s'assoir cul nu un prisonnier sur un casque de l'armée avec un rat affamé à l'intérieur devant trouver le moyen de se frayer un chemin dans les viscères du type assis), il n'a qu'un mot à la bouche « pécho », « pécho », « pécho ».

Il doit pécho. Mon bras se tend vers le marocco à moitié consumé de hier soir. Je le rallume et tire dessus pour en avaler le THC, juste par pur mépris pour l'état de manque de Yoann Abiven. Je lui dis que je l'aurai bien dépanné, mais que je n'ai plus rien à lui proposer. Il me donne la liste de tous les chomedus du coin qui sont dispo cet après-midi. J'hésite entre manger un paquet de BN ou aller me masturber en mattant des photos enregistrées sur mon cellulaire.

Pus , avant que je ne m'en rende compte, Yoann Abiven, vient de prendre possession de mon avenir : il m'annonce qu'il arrive dans un quart d'heure et m'ordonne de me préparer. J'écrase le mégot dans la coquille saint jaques-cendrier et m'affale bien au fond du canapé. Un quart d'heure : ça me laisse le temps de faire une partie de call of duty sur la play, de bouffer un casse-dalle et même de prendre ma douche. D'un autre côté rien de tout ça n'est essentiel en prévision de l'après-midi glandouille qui s'annonce.

Pourvu qu'on n'aille pas chez les rasta, c'est tout ce que je demande. Pas les rasta !

Au bout d'un certain temps, je décide tout de même de me lever et de me changer.

A la maison, je porte souvent des vêtements de fonctions : confortables, solides et chauds. Le must est un pantalon de jogging Lotto avec un sweat Fila ; je l'avais payé une fortune à l'époque, maintenant ça fait dix ans que c'est passé de mode, et ma collection de fringue Fila, ne vaut plus rien, même sur le marché du vintage. N'empêche, que c'est le top du top en termes de glandage-canapage.

Par la fenêtre je regarde le bout de ciel d'à peine quinze mètres carrés, coincé entre les vieux immeubles de mon quartier. C'est gris mais ça va se lever.

Yoann Abiven tente de forcer la porte de l'appart. Je ne le supporte pas, il essaie à chaque fois de rentrer chez les gens sans frapper, sans s'annoncer. C'est d'un sans gêne, ahurissant. Pour l'emmerder, je décide d'aller m'enfermer aux chiottes à ce moment précis.

Je l'entends tambouriner impatiemment à la porte.

« Je suis aux chiottes, putain » je lui hurle.

Il arrête un moment.

J'ai un téléphone Nokia 6086, qui fait mp3, radio, télévision (de très mauvaise qualité), jeux, sms, mms et téléphone. Cachées au fond de la carte mémoire micro SD d'un gigaoctet, il y a un fichier exclusivement consacré à Emilie Le Saout. Je l'ouvre, et fait défiler les photos. Il y en a une qui me met la trique à chaque fois, sans que je ne puisse me l'expliquer. C'est celle où on la voit un verre à la main, les bretelles de son débardeur et de son soutien-gorge rabattues sur son bras droit. Elle veut se faire tatouer une fée sur le haut du sein. Si elle fait ça, il est hors de question que je continue à fantasmer sur une connasse qui n'a aucun respect pour le corps miraculeux dont elle a été dotée à la naissance. Il y en a qui tuerait pour posséder un corps comme celui-là. Yoann Abiven en fait partie.

J'entends les coups sourds d'une main agacée qui s'abattent sur ma porte. Je range mon érection dans un caleçon Dim et vais ouvrir à un Yoann Abiven qui se met immédiatement à me hurler dessus.

« putain ! tu foutais quoi là ? Encore à te toucher la nouille ! Qu'est-ce tu fous en caledé ? putain ! mais grouille toi un peu sac à foutre »

Yoann Abiven est un peu vulgaire ; souvent ça m'énerve et j'ai envie de lui foutre des gros pains dans la gueule jusqu'à ce qu'il se taise ou qu'il meure. Je suis à ça de le détester, et je pense qu'il va bientôt falloir que je change de meilleur ami, tant celui-ci est minable.
J'enfile un jean Kaporal (seulement 45 euros en solde) et un sweat Kanabeach (offert par une meuf qui bossait à l'usine). Je me glisse dans mes Vans ; il y a encore les taches de vomis de la dernière fois, il faudra que je pense à les brosser.

Au moment, où je vais pour fermer la porte à clé, on entend très distinctement une quinte de toux dans les parties communes. Ça vient de dessus.

« merde ! » me dit Yoann Abiven dans le creux de l'oreille. Un moment de doute, un instant de trop et ça peut être la catastrophe. Que faire ? Que faire ? Que faire ? Mon cerveau tourne en boucle autour de cette phrase.

« putain, c'est elle, elle descend ! » panique Yoann Abiven.

Que faire ? que faire ? que faire ?

« elle s'est arrêtée ». Yoann Abiven entrouvre la porte d'incendie du sas de sécurité, glisse sa tête dans l'entrebâillement et regarde vers les escaliers en colimaçon.

Que faire ? que faire ? ça fait combien de fois que j'ai répéter ces deux mots d'affilée dans ma tête au juste ? Au bout d'un certain nombre de répétitions mentales d'un mot ou d'une expression, il vient à en perdre son sens, et l'écho qui se forme autour de lui se vide peu à peu jusqu'à devenir un jouet, une coquille vide qu'on regarde tourner comme une toupie, dans un mouvement perpétuel sans qu'aucun feed back ne vienne vraiment,

Pourquoi je pense à ces conneries ?

« viens on se casse !
_ non putain ! elle est encore là haut !
_ j'en ai rien à foutre
_ on n'a pas le temps, putain ! on doit aller chez les rasta avant quatre heure.
_ alors là mon pote, tu peux toujours te brosser. Je ne VAIS PAS chez les rasta.
_ putain tu fais chier
_ putain arrête de dire putain ! »

Madame Scouarnec Jacqueline est veuve depuis maintenant très longtemps, depuis la guerre d'Algérie je crois, mais je ne suis pas sûr, elle serait bien plus vieille si c'était le cas. Madame Scouarnec Jacqueline est moins veille qu'elle voudrait le faire croire, mais elle est handicapée à 80 % comme toutes les grosses dondons flemmardes et sans-gêne dans son genre. Elle a mal au dos, habite au troisième étage et veut récupérer mon appartement, parce qu'il est situé au premier, parce qu'il est plus grand que le sien, parce que la télé par internet en 8 mégamax Orange marche parfaitement, parce qu'il est plus lumineux et surtout moins cher que le sien tout pourri.

Madame Scouarnec Jacqueline a un macaron d'handicapé sur sa Renault Megane diesel 2005, elle va faire ses courses au super U du quartier (distance : 650 mètres), en voiture, elle va acheter son pain à la boulangerie du quartier (distance : 280 mètres) en voiture et va chez sa fille de l'autre côté du pont en bus, parce qu'il n'y a pas de place de stationnement pour handicapé en bas de chez elle. Madame Scouarnec Jacqueline, me demande toujours un tas de services, comme descendre sa poubelle au local poubelle, comme sortir son chien moche quand il pleut, comme allez lui chercher les trois tablettes de chocolats et la demi-douzaine d'oeufs qu'elle a oublié de prendre en faisant ses courses, mais qu'il lui faut absolument, mais qu'elle ne peut aller chercher elle-même parce qu'elle est fatiguée et ne peut pas sortir son gros cul de chez elle plus de deux fois dans la même journée, comme lui acheter des articles sur internet avec MES comptes et MA carte bancaire, parce que, elle, elle n'a pas confiance là dedans et elle n'y connait rien parce que ce n'est pas de son âge.

Un jour je vais précipiter Madame Scoaurnec Jacqueline du haut des escaliers. Je pense que c'est le seul service valable qu'on pourrait HUMAINEMENT lui rendre. Ca soulagerait ses souffrances et la dette de la sécu. Sans compter que ça me ferait un bien fou. J'imagine souvent son crâne fendu, à travers lequel glisserait lentement son encéphale que viendrait laper à petits coups de langue râpeuse et abrasive son petit chien moche. Peut être serait-elle encore un peu consciente à ce moment là et clignerait-elle spasmodiquement des yeux, une main tremblotante en direction de la télécommande de sécurité de son aide à domicile. Si jamais son sale cabot fait ça, je l'adopte après la mort de sa maîtresse.

« comment ça on va pas chez les rasta ? putain si !
_ ah Antoine, tu tombes bien. Ça va ? Bonjour Monsieur (sourire faux-cul à l'attention de Yoann Abiven)
_ non moi c'est Erwan. Ça fait vingt-sept ans que c'est Erwan et trois ans que j'habite ici que c'est Erwan.
_ ouiiii (sourire charmeur à mon encontre). Tu ne voudrais pas aller jusqu'à la pharmacie,
_ non ! pas aujourd'hui, désolé. On doit aller d'urgence chez des amis antillais, et vous savez ce que c'est si on arrive avant l'heure de la sieste, c'est foutu pour la journée.
_ à la pharmacie Madame ? Si si. Ça dépend ce que vous avez sur l'ordonnance.
_ quoi ? t'as craqué ou bien ? t'as l'intention de faire quoi là ? lui piquer sa méthadone ? elle a une tronche à prendre des antidépresseurs elle ? tu parles ! elle se gargarise au William Peel ! Viens on s'arrache. Au revoir Madame Scouarnec. Une autre fois peut être.
_ putain ! comment tu l'as envoyé chier la vieille !
_ bah quoi ? tu voulais peut être aller prendre « le jus » chez elle après ? jouer au scrabble, monter la vieille peau et te finir sur Julien Lepers ?
_ ouai t'as raison. Viens on va chez les rasta.
_ ok. Mais on reste pas longtemps hein. »

Car s'il y a bien un truc que je déteste, ce sont les blancs avec des dreads, qui écoutent de la musique de nègre, se la joue Bob Marley and the Allocations Familiales, fument, fument et refument et finissent toujours par tapoter sur un jambé à un moment ou l'autre. En plus leurs bens en toile de lin large, puent, leurs ponchos vert jaune rouge sont troués de boulettes et leurs meufs sont systématiquement de gros laiderons en surpoids qui s'obstinent à se mettre des foulards dans les cheveux gras et des strings saucissonnants qui dépassent de leurs tailles basses taille 46. Je déteste aller chez les rasta ! D'ailleurs je veux pas y aller. Je crois que je vais rentrer chez moi. Je vais plaquer toutes ces conneries, larguer tous ces boulets qui me tirent vers le fond comme Yoann Abiven et ses potes à la con. Je vais passer à autre chose, je vais me taper Emilie Le Saout et tout ira mieux. Ou alors je cherche un taf.

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