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Index des articles > Bibliothèque et Histoires > third life

 
 
third life
 
 

Article posté par +dvb.
Paru le samedi 24 juillet 2010 à 16:03
Vu 1688 fois.

third life



Third Life



Citation :
Qui n'a jamais songé à explorer ses rêves comme s'il était pleinement éveillé ? Etre conscient dans le monde des rêves, partager et explorer un univers sans limite avec vos proches ou de parfaits inconnus : Dreamland vous ouvre la porte des rêves et transforme votre sommeil en plaisir interactif.



Jenny m'avait filé rencart près de la fontaine moirée, celle qui était à côté de la gare de « Sérénité ». J'aimais bien cet endroit et je restais souvent de longs moments assis sur un banc public à regarder, fasciné, le flot inversé de l'eau irisée. Le jeu des couleurs changeantes et le clapotis permanent m'hypnotisaient et les heures filaient parfois sans que je n'eusse rien « accompli » de particulier. C'était juste reposant. A intervalle régulier, un oiseau venait se poser sur le bord de la fontaine, pour venir modifier le rythme de la routine, les programmateurs avaient dû penser que personne ne s'apercevrait du subterfuge, et que la présence « naturelle » et horodatée des animaux passerait pour un ravissement de crédibilité, aux yeux de qui y ferait attention. Mais personne ne faisait attention au vol urbain des oiseaux, pas plus ici, que dans les autres vies.

Jenny arriva enfin. Elle s'excusa de son retard, mais elle avait dû restée plus tard que prévu sur internet, une question urgente l'avait retenue sur son forum préféré. Elle n'avait même pas eu le temps de faire la mise à jour quotidienne de son blog. Je me doutais qu'elle mentait ; elle était très certainement restée jongler entre deux fenêtres de messenger, à essayer de convaincre l'un ou l'autre de ses copains (le vrai et le virtuel) qu'elle ne voulait pas les voir en rêvalité, parce que ses parents refusaient qu'elle se connecte la nuit avant ses dix sept ans, comme le recommandait les vieux réac du gouvernement et de l'assemblée, persuadés que « Dreamland » entravait la bonne formation du cerveau chez les adolescents. C'est vrai que le débat faisait long feu partout dans le monde entre les groupe philosophico-religieux - qui hurlaient au blasphème puisque la rêvalité touchait au cerveau et donc au siège de l'âme et de la conscience , les lobbies familiaux, les études scientifiques divergentes et les grands groupes de communication qui rêvaient de ce nouvel univers pour leurs nouvelles campagnes publicitaires.

Chaque grande innovation technologique avait apporté ses détracteurs horrifiés et ses défenseurs passionnés ; l'histoire moderne était remplie de débat d'idée sur la venue dans les foyers de la télévision, du cellulaire, de l'internet, des real-TV et même des biopets. Forcément la diffusion planétaire de Dreamland avait éveillée les suspicions et les envies de débats traditionnels français. Qui criait au scandale de voir deux personnes dormir dans le même lit, susceptibles d'aller se tromper mutuellement avec d'autres partenaires, parfaitement inconnus qui plus est. Qui vénérait ce nouvel espace de liberté, où les pulsions et les fantasmes pouvaient s'exprimer totalement, évitant les frustrations dans la vraie vie, mais cependant un programme de surveillance des violeurs, des pédophiles et des maniaques en sommeil avait tout de même été imposé par l'ordre public histoire d'éviter les débordements trop malsains du début de la rêvalité ; désormais certains fantasmes ne pouvaient se réaliser que dans des « salons » privés interdits au mineurs, loin des regards indiscrets.

Tout perdu à mes pensées, je ne m'étais pas aperçu que Jenny m'avait traîné jusqu'en ville. Elle me tirait par la main et s'arrêtait régulièrement devant les boutiques des grandes marques qui avaient investies dans des vitrines virtuelles. J'avais parfois des absences lorsque j'étais dans Dreamland. C'était naturelle disait-on : le cerveau passait en sommeil profond à certaines heures et le logiciel avait parfois du mal à bien doser le mélange chimique d'endorphines, d'histamine, de sérotonine et de tout le reste. C'était un genre de bug qui arrivait quand on était trop fatigué. Je remerciais le dieu Informatique pour ne pas faire partie de ces deux pour cent de la population dont le cerveau rejetait totalement les mondes virtuels nocturnes. Quelle guigne ça devait être de devoir se contenter d'un sommeil insipide et noir, à peine parsemé de rêves déstructurés dont on ne se souvenait jamais au réveil. C'était bon pour les enfants. Je me souvenais quand j'étais petit, de ces cauchemars horribles qui me faisaient crier de peur et me poursuivais de nuit en nuit. De nos jours les enfants disposaient de régulateurs de sommeil off-line, qui les épargnaient des cauchemars, et garantissaient à leurs parents des nuits douces et régulées. Les images projetées étaient douces et rassurantes, et le programme pré-ado était une sorte de tutoriel de Dreamland, pour apprendre à interagir avec la vraie rêvalité interactive.

Je n'avais pas connu cette époque contrairement à Jenny. Elle avait six ans de moins que moi mais ressemblait déjà à une femme du haut de ses seize ans. Surtout ici à Sérénité, une des villes francophones ouvertes vingt quatre heures sur vingt quatre. Elle portait toujours des jupes très courtes, mettant en valeur ses longues jambes : elle se vantait souvent de ne pas en avoir modifié l'aspect sur son avatar, gardant la copie de son corps intacte comme modèle. Je pensais pour ma part, et pour l'avoir déjà vu deux ou trois fois sur webcam, qu'elle avait tout de même bien gonflé sa poitrine et rajouté quelques centimètres de haut à sa taille d'origine.

Je l'avais rencontré sur un chat il y a quelques mois. Elle m'avait beaucoup amusé, parlant sans cesse de ses mecs, dans le réel et le virtuel. Elle avait du mal à s'en sortir entre son mec au lycée, qui l'a trompait avec des filles du net, qu'il allait même jusqu'à voir en vrai parfois. Du coup elle m'avoua qu'elle cherchait une vraie relation stable et régulière avec un mec bien sur Dreamland, histoire de se calmer les nerfs et de donner un peu de repos à sa vie sentimentale. Elle avait décidé qu'un étudiant de vingt deux ans conviendrait mieux qu'un petit branleur de son âge ou qu'un vieux daddy sugar, comme il en traînait tant « en nocturne ». Elle disait avoir dénoncé à la gendarmerie un bon paquet de pédérastes en sommeil dont certains avaient même eu le droit à un programme off-line de rééducation sexuelle. Cette haute opinion d'elle-même me faisait dire qu'elle devait être bien plus timide en réalité qu'elle ne voulait le laisser croire. Le sommeil ne ment pas. Les gens, quoi qu'ils en disent, ont beaucoup moins de contrôle sur eux-mêmes dans les mondes nocturnes que dans les mondes virtuels. Sur internet, il est facile de se cacher derrière un avatar ou un pseudonyme, mais ici la conscience est somme toute au repos. Et c'est l'inconscient qui est beaucoup plus libre, canalisé certes, mais Dreamland porte bien son nom : la nuit tout le monde rêve le même rêve, et si le cadre est le même pour tous, chaque individu libère ses tensions de la journée comme il le peut. Heureusement la plupart des gens parviennent à modérer leurs pulsions en public, sinon gare à la lettre d'invitation des psychiatres au réveil ! J'en ai déjà eu une fois, au début quand je ne savais pas encore bien rêver. J'étais monté sur le toit d'une kiosque à musique et je m'étais mis à pisser sur les gens assis autour en bas. En l'espace de quelques secondes j'avais déjà reçu une vingtaine de signalements et un modérateur me plaça en isolement jusqu'à mon réveil. Le lendemain je recevais dans ma boite mail un avertissement des autorités psychiatriques qui me rappelaient que je devais me montrer respectueux des autres usagers, et qu'il existait des centres spécialisés pour assouvir ce genre de fantasmes. Si toutefois je le souhaitais, je pouvais rencontrer un psychiatre dans le jeu, sur internet ou en réalité, pour discuter de mes pulsions avec lui et trouver un programme adapté pour parvenir à m'auto-discipliner. Mais ce qui me choqua le plus dans cette mésaventure, ce furent les trois autres mails que j'ouvris ce matin-là, provenant de gens ravis de cette expérience et qui me proposaient de revenir leur uriner dessus dès la nuit prochaine.

Jenny faisait rouler ses petites hanches devant moi avec une dextérité non feinte. Ses talons claquaient à chaque pas dans les rues pavées du vieux quartier. Elle voulait danser et me supplia de l'envoyer en boite de nuit. A l'extérieur, ses parents ne voulaient pas l'y autoriser non plus, et comme elle était mineure, c'étaient eux qui avaient limité ses droits d'accès dans Dreamland. Le contrôle parental en rêvalité était souvent d'une injustice flagrante et d'une hypocrisie crasse. La plupart des parents ne voulaient surtout pas que leurs rejetons les trouvent dans des postures tout à fait explicites dans les pires endroits des nocturnes. D'ailleurs la plupart des membres d'un même foyer évoluaient souvent sur des serveurs différents et ne se rejoignaient sur certains que pour les grandes occasions et les réunions de familles.

Devant l'insistance de ma petite amie, j'acceptai de me porter garant pour elle. Je craignais recevoir un avertissement pour tentative de détournement de mineurs, mais les modérateurs des discothèques virtuelles fermaient les yeux là-dessus. L'alcool et la drogue ne pouvant qu'être simulés à des degrés infimes par le logiciel, les boites de nuits en sommeil étaient plus vivables que dans la réalité : ici on ne se battait pas sous l'emprise de l'alcool ou de la cocaïne, mais juste par jalousie et pour des histoires de fesses. Pour le reste, la musique, la chaleur et la proximité des avatars constituaient un parfait terrain de chasse pour les dragueurs et les allumeuses compulsifs.

Alors que le DJ en transe , que je cru reconnaître pour être habituellement un étudiant grassouillet et timoré de ma promo de fac , enchainait les hits du top 40 électrodance, mon interface me signala la réception d'un message privé. Le MP provenait de mon père, il souhaitait me rencontrer cette nuit, comme il était de passage pour affaire à Sérénité.
Mon père était le genre de personne à travailler tout le temps. Il était rarement à la maison et quand j'étais gamin ma mère et moi ne le voyions que par webcam interposées. Sa boite avait ouvert une agence à Dreamland, ce qui lui permettait de continuer à travailler même en dormant. Un gain de temps inestimable disait-il. Depuis il me semblait qu'il rentrait plus souvent le soir dormir à la maison.

Ne sachant plus sur quel pied danser, pris entre l'envie de voir mon paternel qui était pour une fois disponible, et le désir de plus en plus obsédant qu'éveillaient en moi les déhanchements spasmodiques de Jenny, je restais hésiter trop longtemps. Finalement je restais dans la discothèque avec Jenny. Je pris le temps d'envoyer un MP en réponse à mon père, lui disant que de toute façon je le verrai sans doute tout à l'heure, ici ou là.

Jenny se faisait de plus en plus langoureuse et s'entortillait autour de moi comme une liane grimpante. Mes mains parcouraient son avatar et je sentais vibrer en moi un tas d'émotions stroboscopiques, mon imagination libérée m'électrocutant de fantasmes et de désirs pour la petite Jenny. Sa langue entra en contact avec la mienne avec une assurance étonnante et je jetais dès lors un coup d'oeil discret à mon interface pour réduire un peu le taux d'hormones : je ne tenais ni à passer pour un goujat aux yeux de Jenny, ni à passer la matinée à nettoyer mes draps.
Elle m'entraina par la main dans la ruelle derrière l'établissement. Là, il y avait déjà quatre ou cinq couples parvenus à différents stades d'intimités, et je sentais que Jenny était particulièrement excitée de se trouver à proximité de ces autres amoureux.

Je lui demandais si elle était vierge, elle me dit qu'ici ça n'avait aucune sorte d'importance, ce qui techniquement était la pure vérité. Au moment ou son soutient gorge se dégrafa, l'interface fit apparaître en grandes lettres vertes : REVEIL DANS TROIS MINUTES.

Un instant plus tard ce fut un nouveau MP de mon père qui me ralentit dans ma précipitation. Je ne n'aurais jamais le temps de finir cette nuit avec Jenny. La main sur ces seins trop généreux je lui soufflai à l'oreille que mon réveil allait sonner d'un moment à l'autre et que ce n'était que partie remise. La frustration lui figea les pupilles. Elle m'interdit de me déconnecter mais je ne pouvais malheureusement pas interrompre mon cycle de sommeil : pour éviter toutes tentations nocturnes j'avais coché l'option « pas de report d'horaire de réveil » dans mes options. Je savais que c'était là le seul moyen de m'empêcher de sécher mes cours de fac. Au prix que coûtaient mes études universitaires, je ne pouvais me permettre de faire comme tous ces dormeurs morphépathiques, incapables se quitter leur monde onirique pour affronter la réalité. Les accrocs de la rêvalité étaient hélas de plus en plus nombreux, ce qui n'était pas sans incidence sur leurs vies sociales virtuelles ou réelles.

Le réveil glissa donc. La phase de débriefing durait généralement entre trois en cinq minutes, selon les expériences vécues durant la nuit, le logiciel devait aider le cerveau à réagencer les souvenirs dans le bon ordre.

Finalement mes yeux s'ouvrirent et je retrouvais péniblement la réalité. Après quelques instants de déboussolement, (post trauma), je me remémorai la nuit : la fontaine, la promenade, la musique, les seins de Jenny, ses baisers, les couples baisant dans les poubelles à côté de nous. Et puis, il y avait autre chose aussi. Qu'est-ce que c'était déjà ?

La drôle de sensation perdura encore un moment. Je n'arrivai pas à mettre le doigt sur un élément important. C'était comme se concentrer sur un trou noir. On sait qu'il y a quelque chose derrière, mais on ne sait pas quoi. Je descendis donc à la cuisine pour prendre le petit déjeuner. En m'installant à la table haute flanquée de longs tabourets, je ressassais encore les évènements de la nuit passée. Ma mère vint me rejoindre. Nous échangeâmes quelques borborygmes en guise de salutations, elle aussi avait l'air d'avoir passée une sale nuit. Et pourtant elle ne rêvait pas en réseau. Elle avait toujours refusée ce genre de choses depuis.

Mon cellulaire tinta. C'était Jenny qui m'écrivait. Elle était furieuse que je sois parti comme un voleur en la laissant en plan, mais elle ne m'en voudrait pas si je lui offrais la nuit prochaine à l'hôtel. Je souriais à cette charmante idée, et refermai la messagerie de mon téléphone.
La messagerie. Mais oui bien sûr ! J'avais reçu un MP de mon père. Et j'avais oublié de l'ouvrir. Aussitôt je demandai à ma mère s'il elle aussi l'avait reçu par mail.

Elle s'effondra en larmes. Elle me dit encore une fois que mon père était mort au travail depuis plus d'un an et qu'il faudrait bien un jour que j'accepte la réalité.




 
 
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Commentaire n°4/4
 
 
Remonter Posté le 29/07/2010 par +dvb

 
ça m'a l'air pas mal. Le problème c'est que je c/c soit d'autre forum, soit de traitement de texte genre open office
 
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Commentaire n°3/4
 
 
Remonter Posté le 27/07/2010 par ΨAnDroKtoNe

 
bon je viens de modifier ton texte, mais la méthode la plus simple est de faire un copier coller depuis un éditeur de texte type "Notepad ++.

Je ne sais pas si j'ai correctement corrigé par contre.
 
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"Pour ces messieurs la moralité devient rigide quand le reste ne l'est plus" © Coluche

"Sauf pour les dictateurs et les imbéciles, l'ordre n'est pas une fin en soi." © Michel Audiard (Le président)

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Commentaire n°2/4
 
 
Remonter Posté le 27/07/2010 par ΨAnDroKtoNe

 
David, c'est en effet un souci de codage, il faut éviter d'utiliser des ' (ex dans : l'été tu fais : l été) et puis surtout ce qui pose le plus de problème c'est le e dans l o (comme dans coeur, soeur...)

Désolée j'ai pas le temps de m'en occuper smiley sg3agyeuxcielg3ag.gif
 
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Commentaire n°1/4
 
 
Remonter Posté le 26/07/2010 par +dvb

 
Après la remarque que Marine m'ait faite l'autre jour à propos de mon texte rendu illisible à cause d'une erreur de code, je viens de le modifier en reprenant la version "brute" ressortie de mon traitement de texte, donc sans aucune balise nicode.

Et je vois que le problème persiste :-/

Ca n'est donc pas de mon fait smiley sg3agg28g.gif

On dirait bien que c'est le site qui n'accepte pas les copier/coller sous n'importe quelle forme ?!
 
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